Internaute: Mais De quoi ca parle, ce blog?
  • Eh bien.. De dessins
  • et aussi d' articles divers
  • il y a aussi une histoire à suivre!
en ce moment je m' entraîne sur divers trucs, je ferai une mise à jour quand je pourrai. Get Firefox!
Vendredi 23 septembre 2005

introduction

première partie du chapitre 1

Noël se réveilla vers 9 heures. Il n' avait bizarrement pas envie de faire une grasse matinée, perturbé qu' il était par le rêve de la veille. Pourquoi avait-il fallu qu' il rêve de sa mère cette nuit? Surtout en face d' une délicieuse demoiselle. Comment le discours d' Anita avait-il pu avoir une telle influence? Il se mordit les lèvres et se leva de son lit. Il se faufila à travers un chemin dans sa chambre aussi rangée qu' un souk, et se débarbouilla le visage dans la salle de bains.

La fierté de Noël avait pris un sacré coup. On lui avait souvent reproché, étant petit, sa réaction face à la disparition de sa mère, et sa honte vis à vis de cela s' était petit à petit transformée en fierté; Il était devenu celui qui n' avait plus de maman et qui s' en sortait très bien, que ce soit au niveau des études, de la sociabilité ou du sport. Il était un véritable modèle pour Charlie ainsi que pour sa petite soeur Julie. Cependant, depuis qu'il n' avait plus de mère, il avait pris un coté lunatique et fou. Son esprit était toujours ailleurs, ce qui lui entraînait bon nombre de quiproquos et situations tarabiscotées lors de discussions.

Les grandes vacances, c' était bien pour pouvoir traîner dans son lit et profiter du soleil mais cela devenait pénible quand il s' agissait de trouver quelque chose à faire. Même après avoir pris tout son temps sous la douche et avoir ramassé les feuilles et pochettes de cd qui trainaient dans la chambre, il n' était que 10 heures. C' est à ce moment qu' une personne que Noël ne souhaitait pas voir entra.

Il s' agissait de Eve, sa belle-mère, toujours coquette à l' extrême, et tout sourire, avec ses cheveux aussi courts qu' un garçon et teints en blond, un maquillage rose orange parfait qui allait très bien avec son visage rond et sa peau noisette. En voyant son tailleur rose, Noël s' attendit à ce qu' elle lui annonce une nouvelle.

  • « Bonnnjour! Tu te lèves tôt aujourd'hui dis donc, qu'est ce qui se passe?

  • Et qu'est ce qui te met d' aussi bonne humeur? »

Eve ne répondit pas et entra dans la chambre, puis s' assit sur la chaise du bureau de Noël en croisant ses jambes.

  • « Tu as grandi..

  • Pardon?

  • Regarde, ton pantalon est pratiquement trop petit. Et ce tee-shirt? A ton âge, tu pourrai mieux choisir tes vêtements, quand même.

  • Ou est-ce que tu veux en venir?, dit Noël en haussant la voix.

  • On va aller changer tout ca, tiens! »

Eve sortit de la chambre en sautillant. Jessica, la soeur aînée, avait observé la scène du couloir.

  • « Tentative d' approche, tentative d' approche belle-mère – beau-fils... qu' est ce que tu vas faire?

  • Elle cherche un tas de méthodes pour me mettre de son coté, et elle me colle comme si j' avais encore besoin qu' on change ma couche....

  • Elle ne va pas te bouffer non plus.. j' aimerais bien être à ta place, j' ai plus besoin de fringues que toi.. Tu l' envoie toujours bouler et elle s occuppe de toi deux fois plus que moi, c' est dégeulasse!

  • Qu' est ce que tu veux que j' y fasse... »

Noël râla et se prépara à sortir. Il savait très bien pourquoi Eve agissait ainsi envers lui, mais il ne pouvait s' empêcher de la detester malgré tous ses efforts. Elle avait le don de faire ressurgir l' enfant capricieux qui était en lui, et elle voulait sans cesse intervenir dans une vie dans laquelle il lui était impossible de faire une place.
Monsieur Landry restait quelque peu passif face à ce problème épineux; il se contentait de réprimander son fils, sans grande conviction, et de retourner à ses occupations. Ce qui énervait encore plus Noël, qui avait le sentiment d' être de plus en plus incompris et négligé.

Eve avait, une fois de plus, mis le paquet. Elle avait bien l' intention, selon Noël, d' acheter l' âme de son beau fils par le moyen le plus sûr qu' il soit: l' argent.

  • « Un jeune garçon de ton âge doît faire très attention à ton apparence, tu le sais?, dit Eve avec enthousiasme en présentant à Noël une veste bleu fonçé.

Eve avait décidé d' emmener son beau fils dans une des boutiques huppées où elle avait l' habitude de se fournir en ensembles de premier choix. Elle y avait déjà emmené Noël plusieurs fois, et à chaque fois le même scénario se répétait.

  • Tu sais, je ne risque pas d' aller à un entretien d' embauche, j' ai 15 ans...

  • Il y a le mariage de Catherine en octobre. Et ca peut être toujours utile! »

C' était inutile d' essayer d' argumenter. Noël se laissa servir de cobaye et pensa que son père avait de la chance d' avoir un fils pour participer aux tâches ennuyeuses comme le shopping à sa place.

  • « Qu' il est mignon! , dit l' une des vendeuses, amie d' Eve.

  • J' ai hâte de le voir quand il aura 20 ans! Tu as de la chance d' avoir un beau fils pareil, tu sais!

  • Hihi...

  • Fais lui essayer ca, dit une deuxième vendeuse.

Il n' y avait jamais beaucoup de clients dans cette boutique. Vu les prix pratiqués, il était fort probable qu' une seule vente par jour suffisait à la faire tourner.
Noël commençait à en avoir marre de voir les potiches déambuler et piailler autour de lui, quand il aperçut au loin une silhouette familière. Une fille assez petite, mince avec des cheveux blonds fins et courts, et habillé de façon très simple, avec une petite robe d' été beige.

  • « Noël? Qu' est-ce qu' il y a ? fit Eve, intriguée.

  • C' est la soeur de Sébastien, dit Noël d' une voix calme.

Eve fixa alors la jeune fille qui les examina à son tour.

Cela faisait bien six mois qu' ils ne s' étaient vus. Leurs familles respectives avaient appris à se connaître après le drame qui s' était déroulé il y a un an, mais, comme souvent dans ce genre de relation, une ambiance froide subsistait entre eux. Lucie devait avoir maintenant 14 ans. La première chose qui étonnait Noël, était que en dépit du fait qu' elle avait grandi, était qu' elle était d' une minceur excessive, et qu' elle leur soutenait un regard qui n' était pas de son âge. Elle semblait sonder les gens d' un clin d' oeil, et exprimer une confiance en elle à la limite de l' agaçement.

Son impression fut confirmée lorsqu' il constata qu' elle les toisaient. Elle s' avança vers eux avec une démarche determinée.

  • «  Bonjour, Madame Landry, fit-elle d' une voix douce. Bonjour, Noël. Toujours aussi chic à ce que je vois.

  • Salut. Tu as grandi... maigri aussi..., répondit Noël.

  • Hé oui, les temps changent, les gens aussi! (Noël lut un ton ironique dans sa phrase.) D' autres ne changent pas... Que deviens-tu? »

Elle se posa sur une chaise plaçée à cotée de la cabine d' essayage, et prit une pose décontractée. Un air rieur et désagréable se dessina sur son visage. Eve eût tout à coup l' impression qu' elle n' existait plus dans cette conversation.

  • « Je vais passer en seconde, je pars en vacances dans une semaine, voilà à peu près...

  • Je t' ai vu dans la rue avec une fille avec des couettes il y a quelques jours, c' est qui? »

Eve tendit l' oreille.

  • « Ah, euh, Lulu, euh, Ludivine tu veux dire? Eh ben, c' est, euh, c' est ma petite amie, c' est ca. »

Eve écarquilla ses yeux.

  • « Ah bon, fit Lucie en fronçant un sourcil. Parce qu' une fois, je t' ai vue avec une grande brune, je pensais que c' était elle ta copine?

  • Eh ben, en fait, c' est une ancienne... Ca n' a pas duré longtemps... »

Eve ouvrit grand sa bouche. Lucie se mit à rire.

  • « Bah dis donc, tu vas faire une vraie collection si ca continue! Et Anita, elle était en quelle position dans ta liste? »

Noël sentit la colère monter en lui d' un coup. Lucie avait gardé son goût pour les remarques pénibles destinées à son entourage.

  • « Ce n' est pas une de mes ex, répondit calmement Noël. On est toujours camarades de classe et c' est très bien ainsi.

  • Ah bon... Faut dire, c' est vrai que, s' il y avait un concours de miss Noël, elle n' entrerait pas dans tes critères de sélection...

  • « Mes » critères comme tu dis, indiquent juste que je n' ai pas pour hobby de sortir avec mes amies.

  • Barf allez, tu peux être franc avec moi quand même. Après tout tu es bien le fils de Monsieur Landry, lui aussi il a ses critères, qu' il assume!

  • Qu' est ce que tu veux dire par là?

  • Eh bien, qu' il aime les femmes!

  • Tout comme ton oncle, qui aime aussi parler plus qu' il n' en faut, dit Eve en haussant la voix. Il vient souvent me parler au bureau d' ailleurs, sans succès.

Noël sentit toute la tension qui émanait d' Eve. Lucie avait abordé un sujet qu' elle n' aurait pas dû, et finirait par le payer.

  • « Je lui demanderai. Bon, c' est pas que je m' ennuie, mais j' ai des choses à faire de mon coté. Je vais vous laisser!En esperant vous revoir...Noël, dis un immense bonjour à Anita de ma part.

Lucie se leva en sautillant et sortit de la boutique en faisant un immense sourire à Eve et Noël.

  • « Je suis sûr que ca lui ferai plaisir, répondit Noël sur le même ton.

  • Au moins on se comprend sur ce point! A Plus. »

Eve s' assit sur la chaise où se trouvait Lucie au préalable, l' air fatigué par l' enervement.

  • « S' il n' était pas arrivé ce qui est arrivé, dit Eve, je lui aurai foutu une bonne raclée en public. J' ai horreur des petites merdeuses dans son genre...Noël?

  • En tout cas, elle n' entrerait, pas, mais alors pas du tout dans mes critères.

  • Pardon?

  • Eh bien, elle est vraiment trop chiante et maigre.

  • Tu penses encore à ca... tu sais qu' elle vient d' insinuer que ton père me trompe?

  • Ca ne risque pas, ca.

  • Pourquoi donc?

  • Eh bien, quand j' avais huit ou neuf ans, je ne sais plus trop, on est allé en week end en Picardie, Papa est resté à la maison, et en revenant, ma mère a trouvé des cheveux fins et clairs dans sa brosse, alors que les siens sont très ondulés. Je peux t' imaginer que mon père a bien cru qu' il allait mourir et tout perdre. Je ne pense pas qu' il ai envie de recommencer.

  • Tu veux dire qu' il a déjà trompé ta mère? Et c' est censé me rassurer, ca?

  • Désolé...Mais comme je te dis, il est pas du genre discret et il le sait, donc il ne recommencera pas.

  • Ah non, pas de désolé, Noël! Tu m' as mis un cafard pas possible, encore plus que cette chieuse là! On sort d' ici, j' aime pas cette ambiance.

Eve était visiblement trèssss fâchée. Noël jugea qu' il avait quand même été trop loin, même si après tout , il n' avait fait que dire la vérité.
Les vendeuses étaient consternées. Eve était partie sans faire aucun achat, et les avaient congédiées de façon mémorable. Il était fort probable que dans quelques semaines, des ragots ultra nocifs à son sujet risquaient de fuser jusqu' à son plus proche voisinage.



Samedi 11 juin 2005

pdf de l' introduction pour ceux qui n' ont pas lu

Joyeux Anniversaire, Anita.

Rêve.

Le passage qui suit, chers lecteurs, se situe dans un univers aux lois régies et normalement compréhensibles par un être humain se nommant Noël Landry. Le sens des propos tenus ci-dessous n' engage que celui-ci et celui-ci n' est pas responsable de la possible non compréhension du texte par vous..

Bonjour Mademoiselle.

Je ne sais pas ce que vous venez faire dans mon rêve (Peut-être êtes-vous une de ces beautés de l' été qui passe dans le bus et que mon subconscient a retenu par voie subliminale), en tout cas maintenant que vous êtes là, vous allez devoir m' écouter un peu. Si vous partez maintenant, je vous préviens, je serai vexé!
Je suis quelqu'un de poli, alors je vais commencer par me présenter:

Je m' appelle Noël Landry. J' ai 15 ans, et j' habite en banlieue. On peut dire que j' ai une famille à peu près normale: Un père bon-vivant mais un peu ennuyeux, une belle-mère envahissante, et deux soeurs, Jessica , qui a un an de plus que moi, et Julie, la dernière, qui est âgée de 11 ans. Niveau parents, mon père est médecin généraliste, et ma belle-mère (enfin, ca ne compte pas vraiment dans la catégorie parents) prénommée Eve, est sa secrétaire médicale. (Papa, tu n' es pas allé chercher loin.) Je ne l' aime pas vraiment, mais il faut bien que Papa puisse aimer quelqu'un d'autre dans sa vie...

Vous ne répondez toujours pas?

Je sais bien que vous faîtes partie d' un rêve, mais quand même... Bon, je continue.

Vous devez sûrement vous dire « Et votre mère »?, n' est-ce pas? (Elle reste muette, tant pis)

Voici ce qui s' est passé la conçernant:

Lorsque j' avais 11 ans, pendant les vacances, j' avais pour habitude de garder ma petite soeur Julie le mercredi après-midi, en attendant que ma mère revienne de son travail. (Elle est infirmière, Papa, tu n' es pas allé chercher loin une fois encore.) Pendant que Julie jouait avec ses poupées, le téléphone se mit à sonner. C' était ma tante Marie Michelle: Sur un ton précipitée, elle me demanda de me préparer pour sortir et qu'elle était sur la route.
J' étais content d' entendre sa voix et d' apprendre qu'elle arrivait à la maison, mais son humeur au téléphone ne présageait rien de bon. Sachant qu' elle se mettrait dans une colère noire si je ne faisais pas ce qu' elle disait, j' obéis et une demi-heure plus tard, Julie et moi étions prêts. Tatie Marie miches (j' adorais l'appeler comme ca, mais lorsque j' ouvris la porte et que je vis son air décomposé, je m'abstins de l' appeler ainsi.) s' était visiblement habillée à la va-vite, parce qu' elle ne portait pas ses vêtements ultra stylés qu' elle portait d' habitude et ô malheur, n' avais pas eu le temps de se maquiller.

Nous restâmes silencieux, même durant le trajet en voiture. Elle prit la parole au bout d' un quart d' heure. Elle dit que notre mère était malade. Je demandai si elle allait mourir, ce a quoi elle répondit « non » avant de se taire à nouveau.
Je déteste, même maintenant, les adultes lorsqu' ils ont ce genre de réaction: Il mentent très mal et nous prennent pour des petits imbéciles.
Au lieu de simplement me dire la vérité, elle laissa travailler mon imagination qui me fabrica les pires scénarios imaginables: un accident de voiture, les cancers du cerveau qui arrivent sans crier gare, les fous meurtriers et les braqueurs de banque.
Arriva ce que je redoutais: Ma tante se gara dans le parking d' un hôpital. Julie se mit à pleurer et ma tante la prit dans ses bras pour la consoler. Je demandai où se trouvait mon père, et elle me répondit qu' il était en route. Elle nous fit asseoir dans la salle d' attente et partit chercher des nouvelles.

Ma mère était une femme adorable. D' origine réunionnaise, elle était ô que belle (Je me demande comment Papa a fait pour l' épouser; heureusement j' ai plus pris de son coté, niark) et intelligente; Elle était brune, grande avec un teint halé et des yeux marrons. Elle avait un sourire ravageur qui rendait mon père protecteur et jaloux.

D' une nature sensible, elle s' était pourtant tournée vers le métier d' infirmière, et s' occupait des patients en fin de vie. Elle était calme et douce, et nous chouchoutait beaucoup. Pourtant, je sentais depuis quelques mois que quelque chose avait changé; il y avait une certaine tension dans la maison entre elle et mon père. Ma voisine d' à coté, qui avait le même âge que moi, me disait pour me faire peur qu' ils allaient divorcer tout comme ses parents; Cette petite peste, spécialiste des plans et qui mangeait comme quatre profitait de chacun de mes doutes pour lancer son venin sur moi. Elle disait même que j' allais pour la peine changer de maison et qu' on ne se verrait plus jamais (j' avais l' impression que ca lui faisait de la peine). Peut être avait-elle peur de ne plus me voir, mais si c' était vraiment le cas, je n' aimais pas la façon dont elle l' exprimait (Décidément les filles c' est vraiment trop compliqué.)
Ma mère, ce matin là, avait réfuté toutes les accusations de ma voisine. Peut être que ce qui allait arriver était le fruit d' un démon encore plus méchant que le divorce? Qu' avait-elle fait de mal?

On me fit entrer avec ma tante dans la chambre d' hôpital (ma petite soeur était restée dans la salle d' attente avec un autre oncle), et en voyant ma mère couchée sur le lit, je crus tout d' abord qu' elle dormait. Puis je vis que la moitié gauche de son visage était couverte d' ecchymoses et des contusions couvraient toute la partie gauche de son corps. Je ne sais pas si les bandages et autres trucs de médecins étaient efficaces, mais la première chose que je pensai fut: « elle a mal. »

Je lui demandai ce qui s' était passé, mais évidemment elle ne répondit pas. Le médecin regarda ma tante, et celle-ci se décida enfin à parler:

« Il y avait des gens qui ont essayé de prendre l' argent d' un convoi, mon chéri, et une voiture a dévié et a renversé ta maman. »

« C' est quoi, un convoi? »

« C' est un camion qui amène de l' argent pour les banques. »

« c' étaient des voleurs, alors? »

« Oui, mon chéri... »

Elle essaye de me prendre dans ses bras mais je n' avais aucune réaction. Je continuai à regarder ma mère. Je demandai au médecin si elle pouvait m' entendre, et il me dit que probablement. Je me contentai de lui prendre la main.

Mon père et ma grande soeur arrivèrent une demi heure plus tard, et sa réaction fut à l' opposé de la mienne. Il était complètement déboussolé et sans repères, il se mit à crier et a pleurer comme un petit enfant. Je restai de marbre.

Ma mère mourut le lendemain matin.
Je crois que certaines personnes dans la famille ont du me considérer comme un monstre, parce que je n' eu réellement aucune réaction; j' étais pourtant profondément mortifié par la disparition de ma mère. Je me demande même parfois ce qui m' as pris. Je crois que j' étais comme les enfants qui ne disent rien et qui bloquent tous leurs états d' âmes à l' intérieur d' eux. Par la suite, lorsqu' au quotidien, je réalisai l' importance que ma mère avait dans ma vie, et le considérable manque qu' elle avait laissé, il m' arriva souvent de pleurer dans ma chambre; nous dûmes cependant nous remettre en marche, et ce fut pour mon père que ce fut le plus difficile. Même aujourd'hui, il a encore des réactions enfantines qui pèsent sur toute la famille et que seule Eve parvient à canaliser.

Vous ne parlez toujours pas?

Pourtant, il paraît que lorsqu' on raconte un événement triste, ca fait tomber toutes les filles.

Oh, ne croyez pas que c' est une manoeuvre pour vous approcher ou quelque chose comme ca, hein. J' ai une petite amie.

Puis c' est bizarre, c' est mon rêve et vous ne faîtes rien du tout. Si je raconte ca à Anita, elle va encore dire que je suis un looser.

Je raconte mon histoire à peut de gens vous savez... Ca serait cool, si vous parliez un petit peu...

Enfin bon, je comprends. Beaucoup de gens me trouvent bizarre parce que je ne réagis jamais à ce genre d' évenements. En tout cas, je préfère ca que de me bloquer complètement comme une certaine fille...

Dimanche 1 mai 2005
Et voila la fin de l' introduction.
Voici l' introduction complète au format pdf. J' y ai fait quelques légères modifications. Bonne lecture! Le pdf ici

Introduction (1/4)
Introduction (2/4)
Introduction (3/4)


Anita sortit de sa torpeur vers 16 heures de l' après-midi. Elle alla se débarbouiller dans la salle de bains puis rejoignit sa chambre. Par la fenêtre, elle aperçut au loin un camion de pompiers et une ambulance. « Ce sont ceux de tout à l' heure? Combien de temps ai-je dormi? », pensa Anita en se frottant les yeux. Elle ouvrit la fenêtre et regarda attentivement le paysage: Tout à gauche, le pavillon de Noël, puis en partant sur la droite, la route des bosquets, menant au rond point qui lui-même mène au centre commercial de Tournant. Puis encore à droite.. la mjc de la ville...Dont l' étage supérieur était partiellement détruit par les flammes.
« J' ai raté quelque chose de vraiment interressant, là, pensa Anita en écarquillant les yeux. La petite Julie ne pourra plus aller tacher son tablier de peinture les mercredi après midi... »

Le portable de Noël se mit alors à vibrer. « C' est quoi ce portable, ca sonne avec un compte à rebours? » pensa Noël avant de décrocher et de tourner majuesteusement le dos à Tatiana.

« Allo? Dit Noël sur un ton enervé.
Noël? C' est moi, Marjorie. Tu es où, là?
Noël soupira en reconnaissant la voix de Marjorie, la spécialiste des plans militaires du Anita crew.
Qu' est ce que tu veux, Marjorie?
Ma mère m' as appelé de son bureau il y a 5 minutes. Tu es au courant qu' il y a eu un incendie près de la mjc?
A la mjc? Mais...
Oui , No, la mjc près de chez toi et d' Anita. Tu sais où est-ce qu' elle est? Son portable ne répond pas.
En ce moment elle a tendance à se prostrer chez elle.
Noël..
T' inquiète pas, je vais aller voir. Je te rappelle tout à l' heure.

Noël raccrocha et s' affola en pensant au feu. Le feu provoquait chez lui une peur comparable aux phobies causées par les hauteurs; le feu entraînait la mort et la douleur. Une image furtive d' un immeuble en feu lui traversa l' esprit, et il secoua sa tête pour revenir sur terre. Il fallait absolument qu' il sache ce que faisait Anita.
« T' as un problème, dit Tatiana en constatant l' air affolé de Noël. Elle pensa que finalement ce type était un peu bizarre. Mais Noël ne lui répondit pas et observa la place, avant de trouver Lulu du regard qui arrivait en courant.
Nono! Désolé du retard.
La jeune fille avait refait son maquillage de a à z, mais elle allait bientôt constater que toute cette préparation était vaine.
Désolé,j' ai quelque chose à faire, je te verrai plus tard ok?
Quoi? Mais, il est encore tôt.. et c' est qui, cette fille là?
Une pute. »
Tatiana sursauta et prit peur en voyant l' expression remplie de haine que Noël lui adressa. Puis il regarda Lulu avant de courir vers le rond point.
Lulu s' assit sur le banc, desespérée et pensive. « Il est pas comme d' habitude, là, pensa t-elle. »
« Eh, toi là, il a l' air d' un psychopate, ton mec! cria Tatiana qui était devenue rouge de colère. J' ai envie de lui écraser sa tête de mec qui se la pète...
Et moi, j' aimerais que tu la fermes. Je m' en fous de tes commentaires.
Tatiana subit un nouveau choc en écoutant Lulu. « Ils savent pas que j' ai 3 grands frères ou quoi? » pensa t-elle. Mais Lulu repartait déjà d' une marche determinée en direction du centre commercial.

De son coté, Noël finissait de battre son record du 1500 mètres en courant comme un fou vers la maison d' Anita. Il entendit vaguement la sonnerie de son portable dans la poche de sa veste, mais il n' y prêta pas attention. Il arriva par le trottoir du rond-point et jeta un regard furtif vers sa maison avant d' ouvrir le portail du pavillon d' Anita. Bonta, le dalmatien gardien de la maison aboya deux-trois fois avant de se prendre un bâton en plein museau.
« La ferme, le chien. Laisse moi parler à Cruella d' enfer. »
Il sonna à la porte.

Anita entendit la sonnerie venant de la porte d' entrée. Elle soupira et se dirigea vers le hall, enfilant au passage ses chaussons. Elle ne fut pas surprise d' aperçevoir Noël par le judas de la porte.
« Ca faisait longtemps que je ne t' avais pas vu, lança Anita à Noël en ouvrant la porte. Tu t' ennuyais?
On m' as dit qu 'il y avait un incendie près de la maison, alors, je me suis inquiété! Excuse-moi de venir voir si tu vas bien.
Oh..Désolée. Comme tu vois, je suis en pleine forme. Pour tout te dire, je faisais la sieste. »

Noël éclata de rire, soulagé. Anita le suivit de près. Malgré tout ce qu' elle avait pensé tout à l' heure, elle n' en restait pas moins contente de le voir sonner à sa porte. Mais qu' était donc devenue Lulu?
« Ca ne se fait pas », c est ce que dirait mon père, mais je veux absolument voir les les ruines, tu me rejoins? demanda Noël.
Je n' ai pas vraiment envie de sortir. Qu' est ce que tu as fait de Lulu, au fait? Tu ne devais pas passer l' après-midi avec elle?
Eh bien, lorsque Marjorie m' as dit qu' il y avait le feu, je lui ai dit que je devais partir.
Tu n' as pas peur qu' elle se vexe?
Pourquoi? J' avais une bonne raison, non?
Pour rien, puis Anita esquissa un sourire et partit vers la salle de bains. J' arrive dans dix minutes.

« Ce type court à sa perte », pensa Anita en se changeant dans la salle de bains. Il est bien trop gentil...C' était, selon Anita, à la fois son point fort et son point faible, et cela le rendait aussi détestable que attachant. « attachiant », c' était un néologisme qui lui convenait parfaitement. Sa candeur peu commune, surtout lorsque l' on voyait son entourage, était rafraichissante et donnait confiance, mais d' un coté, devenait énervante par sa singularité et sa persistance; malgré toutes les galères qu' ils avaient connu ensemble, il restait le même; alors qu' Anita, elle.. devenait plus froide que la glace, au fur et à mesure des années. La découverte des mensonges, et du comportement d' autrui lui faisait ressentir sans cesse un sentiment de frustration.
Elle se regarda dans la glace et prit un air consterné. La vision qu' elle avait d' elle-même etait plus ou moins bonne selon les jours, et aujourd' hui, elle se trouvait aussi attirante qu' une femme-cammioneur. Anita était assez petite, menue, les cheveux frisés de couleur châtain qui tombaient en masse sur ses épaules; Des taches de rousseur ornaient ses joues roses, et auraient été les bienvenues si elles n' étaient pas accompagnées des quelques boutons causés par la puberté; Sa seule fierté était la poitrine généreuse qu' elle avait hérité de sa mère.
Anita se lava le visage, enfila une robe d' été et fit une queue de cheval avec ses cheveux. En se dirigeant vers la chambre pour prendre son sac en toile, elle jeta un regard furtif vers le calendrier.
« C' est bientôt », pensa Anita qui reprit sa moue depressive. Son regard pointait vers une date précise: Le 7 juillet.

« Tu as bientôt fini?, lança Noël en entrant dans la chambre. Je commence à m' ennuyer... »
« Tu peux partir, si ca te dérange, répondit Anita. Je ne suis pas là pour répondre à tes quatres volontés. »
Noël prit un air stupéfait, avant de s' approcher d' Anita et de froncer les sourcils.
« Tu es vraiment la spécialiste des changements d' humeur... Il y a cinq minutes, ca avait l' air d' aller pourtant...
Noël.
Oui?
Qu' est ce que tu fais, le 7 juillet?
Le 7? Bah, c' est un jeudi. Je ne sais pas encore. Tu as prévu quelque chose? »
Anita se posa sur la chaise de sa chambre et soupira. Noël écarquilla les yeux.
« ...C' était donc ca, dit Noël, c' était bien ca...Anita, ca fait déjà un an, tu sais?
...Justement.
C' est ta façon de voir les choses, mais moi en tout cas, je ne te suivrai pas. Je n' ai pas envie de vivre dans les remords et penser tout le temps au passé.
Quand tu parles comme ca Noël, j' ai vraiment envie de te frapper.
Je sais. Tu n' as qu' à le faire, si ca peut te soulager. Je suppose que tu n' as plus envie de sortir?
Je ne pense pas que je serai de très bonne compagnie, en effet.
Bon... ben je vais aller trouver quelque chose à faire, lorsque tu auras fini de ruminer dans ton coin, tu n' auras qu' à m' appeler. Mon portable est toujours ouvert. Bye. »

Noël s' approcha d' Anita et déposa un baiser sur son front. Anita fit la moue et s' écarta.
Le portable de Noël se mit alors à vibrer.
« Allo?
Noël, on se revoit quand, dis?
Lulu? Bah je sais pas, là je rentre chez moi. »
Anita baissa les yeux. « Encore elle, pensa t-elle. A croire qu' il faut un pois chiche dans la tête pour pouvoir briller... »
Tu me promets qu' on se reverra? Hein?
Bien sûr! Je vois pas pourquoi tu t' inquiètes..salut.
Anita fut surprise par la rudesse de Noël lorsqu' il raccrocha. Elle était quasi-sûre qu' il ne s' en était même pas rendu compte. Il ouvrit la porte sans se retourner et partit.
Anita marcha vers la fenêtre la plus proche et regarda Noël partir par le jardin en engeulant Bonta. Puis elle haussa les épaules et alla se chercher quelque chose à manger dans le frigo.

Puis la soirée passa. Anita s' était préparée une pizza avec des frites accompagnée d' une bouteille de coca, dîner ô bien riche en calories mais trop délicieux et trop rare à la maison pour être mis de coté.
Elle regarda le journal de 20 heures, toujours agrémenté de nouvelles réjouissantes, comme des meurtres en tout genre et des affaires de moeurs...
« Je me demande comment ils font, pour parler de ca tous les soirs, les présentateurs télé », pensa Anita.
Cela devait surement les rendre stressés. Elle les imagina préparer leurs notes, passer à la maquilleuse avant de rejoindre le plateau télé, puis en partir et rentrer chez eux, chez une famille bien sage avec une femme les attendant à la maison, et les enfants déjà couchés. Puis ils sauteraient dans les bras de leur femme, leurs feraient l' amour, iraient se coucher et feraient des cauchemards en pensant à leur travail du lendemain et aux plans qu' ils devraient imaginer pour aller rejoindre leur maîtresse, tout droit sortie du feuilleton Mensonge fatal. Non, finalement, il fallait mieux rester devant l' écran de télévision que derrière.

Vers 21 heures, elle vérifia son portable et le rangea aussitôt dans le tiroir. Aucun appel, aucun sms, pas de dérangement, marre des gens! (Surtout si Noël devait appeler) , se répétait-elle sans cesse.
Elle se rappela que cela faisait bien longtemps que celui n' avait pas sonné. La tentation de rouvrir le tiroir la gagna, et la tristesse finit par l' envahir de nouveau. Pourquoi maintenant?, pensa t- elle. Elle faisait pourtant sans cesse des efforts pour s' occuper afin de chasser toutes les pensées parasites qui envahissaient son esprit, et qui l' empêchaient de se soucier uniquement d' elle. Il lui semblait tout à fait possible et normal de passer une soirée agréable dans son petit chez soi à faire les choses que l' on a envie...
Une phrase de Noël lui revint en tête: « Je n' ai pas envie de vivre dans les remords » Pourquoi avait-il dit cela? Avait-elle quelque chose à se reprocher dans l' immédiat? Sa conscience lui répondit instantanément « oui » mais elle se rebella en répliquant que tout le monde avait également quelque chose à se reprocher; qu' est ce que cela avait à voir avec la réaction non réfléchie de Noël?

Mais il était trop tard; Anita se sentait se replier sur elle-même et monter les pensées auto-destructrices. Elle pensa à la dureté avec laquelle elle avait l' habitude d' expédier Noël et son entourage ces derniers temps; elle pensa au départ de ses parents, très formel, il y a une semaine; (mère d' Anita: « il y a de quoi manger dans le frigo,une carte téléphonique, et de l' argent dans le tiroir de la commode au cas où ») ;elle pensa à ses amies, probablement parties vagabonder dans je ne sais quel coin de la ville, avec des garçons; elle pensa à Lulu, cette chose sans conscience qu' était Lulu, dans les bras de Noël.
« Ne te sens-tu pas seule? » fut la question qui vient à son esprit. Elle savait, tout au fond d' elle que oui. Elle repensa au 7 juillet sur le calendrier. C' était à partir de ce jour, que tout avait commençé. Elle regarda sur la commode de sa chambre, non loin du calendrier, un porte-photo légèrement poussiéreux, qu' elle faisait souvent semblant de ne pas voir et que malgré tout ne pouvait se résoudre à ranger; la represéntait une scène de vacances, dans un jardin, avec 4 personnes dessus, et une annotation en bas: Moi, Noël, Sébastien, Lucy, le 5 juillet.

Anita eu soudain peur, en se pensant toute seule dans cette si grande maison; elle se jeta sur le tiroir, prit son portable, et regarda sa liste dans l' annuaire. Elle décida d' appeler Marjorie, en priant pour que celle-ci réponde. Celle-ci le fit.
« Anitaaaaa! Où est-ce que tu es?, répondit Marjorie, manifestement contente de décrocher.
Je suis chez moi, je regarde un film. Tu es dehors? J' entends quelque chose derrière...
Oui, on est avec Rosie et Laure, on est allées manger un morçeau. On voulait t' appeler mais tu devais plus avoir de batterie..
Marjorie..
Oui? Qu' est ce qu' il y a, ca va pas bien ma puce??
C' est bientôt l' anniversaire pour Sebastien... »
Un long silence se fit entendre dans le téléphone. Anita entendit faiblement Marjorie dire aux deux autre jeunes filles présentes de se taire, puis elle reprit le téléphone.
« Ma puce, tu y penses souvent en ce moment?
Tout le temps, je crois bien.
Oh... Et que comptes-tu faire ce jour là? Tu vas aller le « voir »?
Oui. Je voulais que vous et Noël y alliez aussi..mais je crois que Noël n' a pas compris.
Ah bon? Qu' est ce qu' il t' as dit?
Qu' il ne voulait pas vivre dans les remords, ou quelque chose comme ca. Marjorie, tu ne trouves pas qu' il est « égoiste »?
Bah tu sais ma puce...ca veut pas dire qu' il ne ressent rien du tout... Tu sais très bien qu' il déteste voir ce genre de choses. Il veut pas être blessé, c' est tout...
Et tu trouves que c' est une raison pour rester qu' il réagisse comme ca?
Bah chacun voit les choses différement ma puce. Je ne veux pas te blesser, mais chacun à sa façon d' appréhender les choses comme ca. Tu ne peux pas le forcer. »
Anita en avait par dessus la tête du mot « chose ». Pourquoi personne n' osait prononcer le bon mot?
Ca les faisait tellement peur, d' un ami en utilisant le mot...le mot mort?
Elle se sentit bête car la réponse à sa question était évidente, maintenant que les larmes lui montaient à l' oeil.
« Anita? Tu veux qu 'on vienne chez toi?
Non! Surtout pas! J' ai pas besoin que vous veniez, je t' assure.
Ok..Par contre tu m' appelles absolument demain, et aussi de temps en temps. Je veux savoir comment tu vas.OK?
Ok.
Bon, j' y vais ma puce. Si ca va pas tu me rappelles. Je vais surement me coucher tard. Ah, et puis pour Noël , t' inquiètes pas, on va aller le décoincer un peu pour qu' il vienne.
Mais c' est pas à vous de faire ca-
Bye! »

Trop tard, Marjorie avait raccroché. Le fait que Marjo prenne cette affaire en charge ne rassurait pas du tout Anita. En tout cas il y avait un point positif à retirer de cet appel: les larmes étaient enfin sorties, et elle savait que bientôt elle irait surement mieux.
Vers 23 heures, Anita sortit un cahier de cours qu' elle n' avait rempli qu' à la moitié pendant l' année scolaire, prit un stylo à plume et se posa dans le salon. Elle écrivit en titre: Priorités pour cet été.
Voici la liste de ce que Anita écrivit ce soir là:
Ce que je veux faire et ce que je souhaite cet été.
Passer des soirées cool chez moi sans avoir de problème.
Perdre du poids
Me couper les cheveux
Que Lulu déménage au fin fond de la France
Que Noël cesse d' être bête
Qu' il ai enfin des boutons parce que c est trop injuste
Que ma mère et mon beau-père restent coinçés à florence.
Elle n' osa pas écrire le plus important, mais le pensa tout bas: « Que j' arrive à supporter que Sebastien ne soit plus là. »

A venir: Joyeux anniversaire, Anita.

Lundi 11 avril 2005

Introduction: 1/4
Introduction: 2/4

Noël s'assit sur un banc près de la fontaine et observa le ciel dont la couleur commençait à virer au gris. Il interpréta ceci comme étant un mauvais signe, la pluie n' étant pas tombée depuis plusieurs jours, et la chaleur actuelle présageait un bel orage à venir...

Les paroles d' Anita et de ses amis lui revenaient sans cesse en tête et commençaient sérieusement à l' agacer. Il fallait absolument qu'il se calme, sinon l'épée de Damoclès allait finir par lui tomber sur la tête! Mais, après les paroles incisives, ce furent les images tout droit issues de son imagination qui l' envahirent. Des véritables scènes de cinéma conçernant Lulu se montaient dans son esprit. Il l' imagina en femme psychopate, fatale, dépressive...

Mais en fait, la connaissait-il vraiment?

Il se souvenut que Lulu et lui s' étaient rencontrés suite à un simple hasard:

Lors du dernier mois de l' année scolaire, traditionellement réputé pour être l' un des moins interressants au niveau des cours, Noël et ses amis de la 3°5 passaient leurs journées à chercher une occupation. Fuyant l' atmosphère du cours d' histoire-géographie, ils s'étaient installés sur les marches menant au stade du collège (Hors du champ de vision des surveillants, tout de même)

Anita vint les trouver à la fin du cours, connaissant leurs cachettes par coeur.

  • « Hey, Noël! Tu as bientôt fini de traîner n' importe où? C' est à toi de t'occuper du cahier de texte, cette semaine. »

  • « J'en veux pas de ce truc. Tu sais très bien que si tu me le donnes, tu ne le reverras jamais. »

  • « Si ca arrive, ce n'est pas à moi que tu devras rendre tes comptes. Je le dépose là. »

Anita s' éloigna en grognant, en direction du bâtiment principal.

« Sérieusement Noël, ca ne t'énerve pas, la façon dont elle te parle? Moi je l' aurais cassée en deux depuis longtemps! », lança Roland.

« Clair! Ce n'est pas parce que vous êtes voisins depuis des plombes que tu dois laisser passer ca! Remets la à sa place! », dit Boris.

« Moi, elle me fait peur, on a l'impression qu'elle à ses règles tout le temps », dit Charlie.

Ils se regardèrent silencieusement.

"Ca doit faire mal, les règles », lanca Boris.

Noël se leva et prit le cahier de texte de la 3°5.

« Je n'en ai rien à faire, de ce que vous pensez d' elle, et puis avec vos soeurs et vos copines, je vous signale que c'est pareil. »

Roland pensa à sa chère Mallory et ses ongles incisifs, et se calma d' un coup.

« Le cahier de texte, mets le dans la poubelle », répondit Boris. « Celle à coté du stade. »

« Dans les toilettes des filles, dit Roland »

Noël rit et se dirigea avec son frais cadeau vers le bâtiment principal, lorsqu'il buta sur une élève en entrant dans le hall. L' élève qui se révèlait être une fille tomba par terre.

« Oh, désolé, je ne t' avais pas vu. », dit Noël, l' air détaché.

La fille épousseta sa mini-jupe et regarda Noël d' un air furieux.

« Je m' en fiche de tes excuses! Tu as abîmé ma jupe en jean! Tu sais combien j'ai économisé pour me la payer? »

Noël s' en fichait royalement, mais décida de garder son calme et lança son sourire le plus destructeur.

« Au moins il te va très bien...Tu ne serais pas en troisième toi? » , répondit Noël, se rappelant l' avoir déjà croisé dans les couloirs.

« Si, et alors? »

« Rien rien. Salut! »

Noël se pressa alors vers l' administration afin d' essayer de poser le cahier là-bas, mais la fille le retint par la main. Il vit que ses yeux étaient maintenant remplis d'étincelles.

« Moi, je te reconnais! Tu es le type de la classe 5 qui traîne tout le temps avec Anita Moretti! »

« Ouais, fit Noël d' un air déçu qu' on le considère encore comme l' éternel subordonné d' Anita. On est voisins, en fait. »

« Dis moi dis moi, tant qu' on y est..c' est vrai que vous sortez ensemble? »

« Qui t' as raconté ca?? , » répondit Noël d' un air stupéfait.

« Bah tout le monde le pense, alors je voulais savoir si c' est vrai. »

« Et pourquoi je te raconterai ma vie, alors que je ne te connais même pas?»

« Eh Bien... »

Noël entendit la voix d' Anita alias Gemini Cricket, dans sa tête, lui révelant une information importante: « Cette fille cherche à savoir si tu es célibataire! Elle veut te mettre le grappin dessus! » Noël fronça un sourcil.

« Bon, voilà ce que tu va répeter à tes copines concierges de mes deux: On est juste amis d' enfance. Mets toi bien ca dans la tête. »

« Ok ok... Je te crois! Moi, c' est Ludivine, mais tout le monde dit Lulu. Toi, c' est Noël, c' est ca? Comme joyeux noël? »

« Oué. Mais je suis pas toujours joyeux. » Comment connait-elle mon nom?, pensa Noël un court instant, avant de se rassurer en se disant qu'après tout, dans ce collège, il était populaire.

Lulu esquissa un sourire. Ils entrèrent dans la salle d' administration. Lulu récupéra son cahier de texte, et Noël aperçut alors le plus beau derrière qu' il n'ai jamais vu. « Démon! Démon femelle! », cria Anita-Cricket dans la tête de Noël. Il secoua la tête pour essayer de la chasser de son esprit.

En sortant, il sentit Lulu le frôler puis partir en courant. Et en se retournant pour repartir vers le hall, il eut la peur de sa vie en voyant Anita qui se trouvait à moins d'un mètre de lui, l'air suspicieux.

« Je n' aime pas ca, dit Anita en prenant un air colérique.

  • Bordel, tu m'as fait peur! Arrête de faire des trucs comme ca, je suis encore jeune!

  • Je me méfie des filles que je ne connais pas, et qui de leur coté savent tout sur moi. Ce sont les premières qui iront déballer des dossiers sortis d'on-ne-sait-où.. Au fait, tu as un truc qui dépasse de ton jean. »

Noël mit la main dans sa poche et en sortit un papier avec un numéro de téléphone. De son visage naquit alors le fameux sourire qui agaçait enormément Anita, un sourire tout droit sorti des pubs pour dentifrice à la télévision.

« - Tu vas lui télephoner?, demanda Anita, qui présentait maintenant un air inquiet.

  • Et pourquoi pas, Mademoiselle je-sais-tout.

  • Et toi alors, tu ne trouves pas que ca a l' air un peu facile? Toi, je sens que tu vas vite devenir son pigeon.

  • Tu tires des conclusions au bout de 5 minutes...Cela aurait pu être n'importe qui, que tu aurais eu la même réaction. Tu sais que tu es parfois vraiment emmerdante, comme fille? On peut pas rester 5 minutes sans avoir ton avis sur tout?

Anita fit un pas en arrière et resta les yeux écarquillés.

  • « J' ai plus besoin d' une mère tu sais. Surtout du genre super-glu. »

Noël se rappela d'une phrase que Roland avait prononçée il y a peu: « Moi, je l'aurais cassée en deux depuis longtemps! »Il se sentit en même temps coupable et libéré. La vue du visage anéanti d' Anita lui procurait un sentiment de satisfaction comme il en avait connu peu auparavant.

Anita baissa les yeux un instant avant de le regarder et de lancer d' un ar determiné:

« - Très bien, fais l' inverse de ce que je te conseille si ca peut te soulager; Mais tu sais, si tu te casses la figure, je n'en aurai rien à foutre. Ne viens pas pleurer chez moi après. »

« - Ca ne risque pas! » répondit Noël en criant.

Anita partit vers la cour en rouspétant, et rejoignit le Anita crew; Elles lançèrent un regard meurtrier en direction de Noël qui leur tira la langue.

Le lendemain soir, à 23h59 précises, le téléphone portable de Noël sonna alors que celui-ci était profondément endormi. « Allo? Pourquoi ne m' as-tu pas rappelé?, dit Lulu avec une toute petit voix dans le téléphone. Ca m' as rendue vraiment triste. »

Noël resta sous le choc, regardant son réveil qui indiquait maintenant minuit.« Comment avait-elle eu mon numéro? », se demandait-il. Elle m'a donnée le sien, mais en ce qui me concerne...

« -Tu sais quelle heure il est?, dit Noël d' un ton enervé.

  • Désolé, mais j avais vraiment envie de te parler.

  • Comment as-tu eu mon numéro! Je ne te l'ai jamais donné, que je sache!

  • C' est une fille de ta classe, ne l'engeule pas.. Je voulais juste savoir.. Ca te dirait, qu'on se voit à l' extérieur? J' aimerais bien savoir comment est le Noël studieux élève, en dehors des cours.

  • On verra ca demain matin, 10h, salut. »

Noël raccrocha, éteignit le portable et se recoucha. « N' importe quoi,ces filles » pensa t-il avant de s' endormir.

Le lendemain, il passa toute la pause de 10 heures à discuter avec Lulu dans la cour. Il apprit qu'une de ses camarades de classe lui avait donné son numéro contre un ticket restaurant (il pensa à aller la tuer) et après les excuses de Lulu, qui faisait une moue adorable lorsqu' elle était gênée, il se dit qu' il avait envie de la revoir, finalement.

C' est ainsi que Noël s' était retrouvé affublé d 'une Lulu qui s' accrochait énormément.

Toujours assis près de la fontaine, attendant une Lulu qui ne se décidait pas à sortir des toilettes, Noël commençait à s' impatienter. Une fille marchait dans sa direction d' un pas timide. Elle s' arrêta à 50 centimètres de lui quand son kit mains-libres de téléphone portable tomba; elle se baissa pour le ramasser, mettant bien en évidence ses atouts mammaires.

« - Désolée, mon kit est tombé et.. »

Mais Noël ne réagit pas à sa remarque, étant trop absorbé par ses pensées. Tatiana, en fidèle soldat, n' abandonna pas et s' assit sur le banc à coté de lui. La toute puissante voix d' Aminata emplissait son esprit. « Ecoute moi bien, mon enfant. Ce jeune homme, dont je me souviens que l' identité correspond à celle de Noël Landry, 15 ans, est en troisième, donc d' une classe plus élevée que la nôtre. Non seulement doué d' une excellente réputation, il est muni d' un scooter, d' un corps d' apollon et possède un pavillon. Qui dit Noël, dit assurance d' avoir des devoirs faits, d' un lieu où pouvoir faire ses soirées et accessoirement de posséder un beau gosse comme faire valoir. Comprends-tu seulement l' ENJEU? »

Les yeux de Tatiana brillèrent; elle se pencha vers Noël, comme possédée.

« - Hé, dis moi... »

La proximité de la voix de Tatiana sortit Noël de sa torpeur. Les yeux à demi-ouverts, il regarda Tatiana qui était assise à sa droite.

« -Hé beau gosse,t' étais endormi ou quoi.

  • Qu' est ce qu' il y a?, demanda Noël.

  • Tu vois ma pote là-bas, elle te trouve super beau gosse comme mec, tu voudrais pas aller lui parler?

  • Qu' est ce que tu veux que je lui dise? Et puis, je suis occuppé, là.

  • Allez quoi, fais pas ton timide. Elle est super cool ma pote, elle s' appelle Aminata..Tu lui parles, après t' es pas obligé de continuer à la voir hein, t' as qu' à lui parler une fois pour voir...

  • Et si je veux pas?

  • Je te demande juste de me filer ton phone! »

Noël eu alors envie de coller son poing dans la face de la jeune fille, mais il sentit les galères venir en voyant au loin les apparentes amies de Tatiana, et sortit un bout de papier de sa poche; il fallait trouver une feinte, sinon la bande de folles pleines de couleurs ne le lâcherait jamais. Il griffona un numéro de téléphone au hasard et le tendit à la fille.

Tatiana examina le papier attentivement et sortit son portable. Elle composa le numéro et attendit que le portable de Noël sonne. Noël prit un air desespéré.

« - Ca ne répond pas, tu m' as donné un faux numéro?

  • Bah dis donc, quelle confiance! En tout cas, t' as vraiment cru que j' allais te le donner!

  • Tu vas le faire ou pas alors? »

Noël en eu par dessus la tête et se leva subitement. Une claque, une béquille ou juste un déballage d insultes? Noël réfléchit à la solution la plus envisageable.

Lundi 28 mars 2005

Et voila la suite!

 



  • « C' est vraiment sympa de ta part, Nöel », dit Lulu en jouant avec sa mèche, en regardant ce dernier d' un air langoureux.

  • « Qu' est ce que j' ai fait de spécial? »

  • « Tu es vachement plus cool que les autres! La semaine dernière, Olivier ne m' as même pas payé un kebab.. Quelle peste ce type.. »

Noël jeta un coup d' oeil à la poche intérieure de sa veste en jean, plus précisément son porte-monnaie, et soupira. Son démon intérieur, symbolisé par une Anita furieuse, lui ordonnait de quitter les lieux immédiatement. Mais la vue du popotin de la damoiselle était le plus efficace des crucifix.


Il restait malgré tout assez stressé. Noël n' était pas habitué à passer l' après-midi avec une fille qu' il ne connaissait pas, et chercher en permanence un moyen de faire plaisir à Lulu n' était pas de tout repos. Mais pourquoi donc, fallait-il toujours emmener une fille au cinéma, si c' est pour ne pas lui parler pendant au moins une heure et demie? En tout cas, en ce qui concerne le déjeuner, Noël avait remarqué que Lulu ne possédait pas le défaut que Noël avait constaté chez la plupart des filles qu' il connaissait (Le crew d' Anita, qu' il les appelait): Cette fille MANGEAIT lorqu'on lui offrait le repas, et ne se contentait pas de deux feuilles de salades avec une tranche de jambon, régime drastique. D' ailleurs, elle attrappait tout ce qu' elle pouvait attrapper: non seulement elle mangeait beaucoup (et gardait pourtant une ligne impeccable) mais elle ne refusait jamais ce qu' on lui proposait , et parfois même, demandait. Une fois le déjeuner passé et le film fini, Noël n' avait plus d' idée en tête. Ses amis lui avaient bien dit des conseils vieux comme le pape: « Tu la ramènes chez toi et tu donnes! » mais entre des paroles et des actes, il y avait tout une montagne!


  • Hé, Noël! Noël! Tu rêves ou quoi?

  • Désolé, je réfléchissais à un truc.

  • Ah. Au fait, je me demandais: Maintenant qu' on se connait bien, je peux t' appeler Nono?

(Noël, intérieurement: « NON. »

  • Bah, tu fais comme tu veux, mais tu sais, les surnoms et moi... genre joyeux noël tout ca..

  • Bof, t' es pas drôle comme type. Allez viens nono, on va au centre, j' ai deux trois trucs à te montrer.

  • (Anita va se foutre de ma geule..)


Le centre commercial était le premier lieu sur la liste noire d' Anita. Avec ses boutiques de vêtements, ses restaurants abordables et le cinéma à proximité, c' etait le lieu idéal pour rencontrer les personnes qu' « Anita ne souhaitait pas voir ». Surtout avec le début des vacances d' été...Les élèves de son collège passaient très souvent par ici, ayant peu de choses à faire pendant l' après midi. Une des activités favorites d' un de ces groupes d' élèves, uniquement composé de filles, était la « chasse » , comme Anita aimait souvent l' appeler. Leur placement favori était situé à l' arrêt de bus à quelques mètres du cinéma.

Avant d' entrer dans le centre, Lulu demanda à Noël de la rejoindre près de la fontaine en attendant qu' elle revienne d' une pause pipi pressante. La fontaine étant située parrallèlement à la station de bus, les chasseuses repérèrent vite ce qui pourrait être, une future victime.


- » Regarde la bas, C' est pas un type de la classe 3? »

La chasseuse numéro 1, prénommée Aminata, avait reperé sa proie depuis au moins 5 minutes. Elle demanda à Tatiana, sa fidèle subordonnée, de partir en mission afin de ramener à sa chef le numéro de téléphone salvateur.

A vous de voir ce que les chasseuses vont faire! Mettez vos suggestions, vous avez jusqu' au 1° Avril :)

Vendredi 25 mars 2005
Voilà les premiers paragraphes (Ne tapez pas, il y avait nouvelle starrrr et mine de rien de temps en temps je me transforme en spectateur lobotomisé malgré moi :) ) Le reste arrive demain


 

Le bruit crée par l' ambulance en face de la rue finit par vaincre la flemme légendaire d' Anita, qui se leva de son rocking-chair plaçé parrallèlement à la télévision, à environ 5 mètres, et ferma la fenêtre à double vitrage.

«  Tant pis pour la chaleur, dit-elle. Ma série avant tout. »

Elle monta le volume de la télévision et se rassit. C' était l' heure de « Mensonge fatal » , feuilleton aux rebondissements aussi multiples que fantasques et au travail d' acteur inexistant, mais qui était imbattable pour replonger Anita dans une léthargie quasi-végétative.

La chaleur était en effet écrasante depuis quelques jours à Tournan, et la perspective pour Anita de croiser certains individus dont elle ne souhaitait pas faire la rencontre avait convaincu Anita de rester à la maison. De plus, ses parents étant absents, elle n' avait plus de garde-fou constamment derrière son dos.


Noël était l' une de ces personnes qu' elle ne souhaitait pas rencontrer.

D' une nature joyeuse à toute épreuve, et d' un tempérament assez enfantin, il était à mille lieues de s' imaginer passer sa journée enfermé dans un salon. Le sms qu' Anita avait reçu en début d' après midi un ( « G FE 1 SORTI AC Lulu AU C Comercial CA VA ET SUPER » ) avait fini de la conforter dans sa conviction. Lulu, l' heureuse élue de l' après-midi, représentait tout ce qu' Anita detestait: obstinée, agressive, et particulièrement interressée par sa propre personne. Anita était persuadée que Lulu avait trouvé en Noël le pigeon de l' été, et avait finit par abandonner l' idée de le mettre en garde. Elle pensait également l' avoir trop couvé par le passé et avait décidé qu' il était bon de lui laisser se prendre un mur au moins une fois, histoire qu' il voit ce que cela fait; elle n' excluait pas non plus l' idée de voir le spectacle d' un Noël en pleurs, spectacle trop rare pour ne pas être réjouissant.

L' écran de télévision montrait une jeune femme dotée d' une coupe à la Sue Ellen se jettant au pied d' un homme (jeune aussi) en costume la regardant d' un air dédaigneux. « Surement son amante » dit Anita, les yeux à demi fermés, avant de plonger dans un sommeil profond.

Jeudi 24 mars 2005

L' été d' anita

Le principe:

  • Au minimum une fois par semaine, suivez l' histoire et commentez un maximum
  • Choisissez la route à suivre autour d' Anita, un personnage de 15 ans que j'ai inventé et dont je vais raconter les péripéties
  • A chaque post suivant, je mettrai la suite, avec des options pour certains evenements, à vous de voter!

Première partie ce soir.
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