Anita - Introduction (4/4)

Publié le par Véronique

Et voila la fin de l' introduction.
Voici l' introduction complète au format pdf. J' y ai fait quelques légères modifications. Bonne lecture! Le pdf ici

Introduction (1/4)
Introduction (2/4)
Introduction (3/4)


Anita sortit de sa torpeur vers 16 heures de l' après-midi. Elle alla se débarbouiller dans la salle de bains puis rejoignit sa chambre. Par la fenêtre, elle aperçut au loin un camion de pompiers et une ambulance. « Ce sont ceux de tout à l' heure? Combien de temps ai-je dormi? », pensa Anita en se frottant les yeux. Elle ouvrit la fenêtre et regarda attentivement le paysage: Tout à gauche, le pavillon de Noël, puis en partant sur la droite, la route des bosquets, menant au rond point qui lui-même mène au centre commercial de Tournant. Puis encore à droite.. la mjc de la ville...Dont l' étage supérieur était partiellement détruit par les flammes.
« J' ai raté quelque chose de vraiment interressant, là, pensa Anita en écarquillant les yeux. La petite Julie ne pourra plus aller tacher son tablier de peinture les mercredi après midi... »

Le portable de Noël se mit alors à vibrer. « C' est quoi ce portable, ca sonne avec un compte à rebours? » pensa Noël avant de décrocher et de tourner majuesteusement le dos à Tatiana.

« Allo? Dit Noël sur un ton enervé.
Noël? C' est moi, Marjorie. Tu es où, là?
Noël soupira en reconnaissant la voix de Marjorie, la spécialiste des plans militaires du Anita crew.
Qu' est ce que tu veux, Marjorie?
Ma mère m' as appelé de son bureau il y a 5 minutes. Tu es au courant qu' il y a eu un incendie près de la mjc?
A la mjc? Mais...
Oui , No, la mjc près de chez toi et d' Anita. Tu sais où est-ce qu' elle est? Son portable ne répond pas.
En ce moment elle a tendance à se prostrer chez elle.
Noël..
T' inquiète pas, je vais aller voir. Je te rappelle tout à l' heure.

Noël raccrocha et s' affola en pensant au feu. Le feu provoquait chez lui une peur comparable aux phobies causées par les hauteurs; le feu entraînait la mort et la douleur. Une image furtive d' un immeuble en feu lui traversa l' esprit, et il secoua sa tête pour revenir sur terre. Il fallait absolument qu' il sache ce que faisait Anita.
« T' as un problème, dit Tatiana en constatant l' air affolé de Noël. Elle pensa que finalement ce type était un peu bizarre. Mais Noël ne lui répondit pas et observa la place, avant de trouver Lulu du regard qui arrivait en courant.
Nono! Désolé du retard.
La jeune fille avait refait son maquillage de a à z, mais elle allait bientôt constater que toute cette préparation était vaine.
Désolé,j' ai quelque chose à faire, je te verrai plus tard ok?
Quoi? Mais, il est encore tôt.. et c' est qui, cette fille là?
Une pute. »
Tatiana sursauta et prit peur en voyant l' expression remplie de haine que Noël lui adressa. Puis il regarda Lulu avant de courir vers le rond point.
Lulu s' assit sur le banc, desespérée et pensive. « Il est pas comme d' habitude, là, pensa t-elle. »
« Eh, toi là, il a l' air d' un psychopate, ton mec! cria Tatiana qui était devenue rouge de colère. J' ai envie de lui écraser sa tête de mec qui se la pète...
Et moi, j' aimerais que tu la fermes. Je m' en fous de tes commentaires.
Tatiana subit un nouveau choc en écoutant Lulu. « Ils savent pas que j' ai 3 grands frères ou quoi? » pensa t-elle. Mais Lulu repartait déjà d' une marche determinée en direction du centre commercial.

De son coté, Noël finissait de battre son record du 1500 mètres en courant comme un fou vers la maison d' Anita. Il entendit vaguement la sonnerie de son portable dans la poche de sa veste, mais il n' y prêta pas attention. Il arriva par le trottoir du rond-point et jeta un regard furtif vers sa maison avant d' ouvrir le portail du pavillon d' Anita. Bonta, le dalmatien gardien de la maison aboya deux-trois fois avant de se prendre un bâton en plein museau.
« La ferme, le chien. Laisse moi parler à Cruella d' enfer. »
Il sonna à la porte.

Anita entendit la sonnerie venant de la porte d' entrée. Elle soupira et se dirigea vers le hall, enfilant au passage ses chaussons. Elle ne fut pas surprise d' aperçevoir Noël par le judas de la porte.
« Ca faisait longtemps que je ne t' avais pas vu, lança Anita à Noël en ouvrant la porte. Tu t' ennuyais?
On m' as dit qu 'il y avait un incendie près de la maison, alors, je me suis inquiété! Excuse-moi de venir voir si tu vas bien.
Oh..Désolée. Comme tu vois, je suis en pleine forme. Pour tout te dire, je faisais la sieste. »

Noël éclata de rire, soulagé. Anita le suivit de près. Malgré tout ce qu' elle avait pensé tout à l' heure, elle n' en restait pas moins contente de le voir sonner à sa porte. Mais qu' était donc devenue Lulu?
« Ca ne se fait pas », c est ce que dirait mon père, mais je veux absolument voir les les ruines, tu me rejoins? demanda Noël.
Je n' ai pas vraiment envie de sortir. Qu' est ce que tu as fait de Lulu, au fait? Tu ne devais pas passer l' après-midi avec elle?
Eh bien, lorsque Marjorie m' as dit qu' il y avait le feu, je lui ai dit que je devais partir.
Tu n' as pas peur qu' elle se vexe?
Pourquoi? J' avais une bonne raison, non?
Pour rien, puis Anita esquissa un sourire et partit vers la salle de bains. J' arrive dans dix minutes.

« Ce type court à sa perte », pensa Anita en se changeant dans la salle de bains. Il est bien trop gentil...C' était, selon Anita, à la fois son point fort et son point faible, et cela le rendait aussi détestable que attachant. « attachiant », c' était un néologisme qui lui convenait parfaitement. Sa candeur peu commune, surtout lorsque l' on voyait son entourage, était rafraichissante et donnait confiance, mais d' un coté, devenait énervante par sa singularité et sa persistance; malgré toutes les galères qu' ils avaient connu ensemble, il restait le même; alors qu' Anita, elle.. devenait plus froide que la glace, au fur et à mesure des années. La découverte des mensonges, et du comportement d' autrui lui faisait ressentir sans cesse un sentiment de frustration.
Elle se regarda dans la glace et prit un air consterné. La vision qu' elle avait d' elle-même etait plus ou moins bonne selon les jours, et aujourd' hui, elle se trouvait aussi attirante qu' une femme-cammioneur. Anita était assez petite, menue, les cheveux frisés de couleur châtain qui tombaient en masse sur ses épaules; Des taches de rousseur ornaient ses joues roses, et auraient été les bienvenues si elles n' étaient pas accompagnées des quelques boutons causés par la puberté; Sa seule fierté était la poitrine généreuse qu' elle avait hérité de sa mère.
Anita se lava le visage, enfila une robe d' été et fit une queue de cheval avec ses cheveux. En se dirigeant vers la chambre pour prendre son sac en toile, elle jeta un regard furtif vers le calendrier.
« C' est bientôt », pensa Anita qui reprit sa moue depressive. Son regard pointait vers une date précise: Le 7 juillet.

« Tu as bientôt fini?, lança Noël en entrant dans la chambre. Je commence à m' ennuyer... »
« Tu peux partir, si ca te dérange, répondit Anita. Je ne suis pas là pour répondre à tes quatres volontés. »
Noël prit un air stupéfait, avant de s' approcher d' Anita et de froncer les sourcils.
« Tu es vraiment la spécialiste des changements d' humeur... Il y a cinq minutes, ca avait l' air d' aller pourtant...
Noël.
Oui?
Qu' est ce que tu fais, le 7 juillet?
Le 7? Bah, c' est un jeudi. Je ne sais pas encore. Tu as prévu quelque chose? »
Anita se posa sur la chaise de sa chambre et soupira. Noël écarquilla les yeux.
« ...C' était donc ca, dit Noël, c' était bien ca...Anita, ca fait déjà un an, tu sais?
...Justement.
C' est ta façon de voir les choses, mais moi en tout cas, je ne te suivrai pas. Je n' ai pas envie de vivre dans les remords et penser tout le temps au passé.
Quand tu parles comme ca Noël, j' ai vraiment envie de te frapper.
Je sais. Tu n' as qu' à le faire, si ca peut te soulager. Je suppose que tu n' as plus envie de sortir?
Je ne pense pas que je serai de très bonne compagnie, en effet.
Bon... ben je vais aller trouver quelque chose à faire, lorsque tu auras fini de ruminer dans ton coin, tu n' auras qu' à m' appeler. Mon portable est toujours ouvert. Bye. »

Noël s' approcha d' Anita et déposa un baiser sur son front. Anita fit la moue et s' écarta.
Le portable de Noël se mit alors à vibrer.
« Allo?
Noël, on se revoit quand, dis?
Lulu? Bah je sais pas, là je rentre chez moi. »
Anita baissa les yeux. « Encore elle, pensa t-elle. A croire qu' il faut un pois chiche dans la tête pour pouvoir briller... »
Tu me promets qu' on se reverra? Hein?
Bien sûr! Je vois pas pourquoi tu t' inquiètes..salut.
Anita fut surprise par la rudesse de Noël lorsqu' il raccrocha. Elle était quasi-sûre qu' il ne s' en était même pas rendu compte. Il ouvrit la porte sans se retourner et partit.
Anita marcha vers la fenêtre la plus proche et regarda Noël partir par le jardin en engeulant Bonta. Puis elle haussa les épaules et alla se chercher quelque chose à manger dans le frigo.

Puis la soirée passa. Anita s' était préparée une pizza avec des frites accompagnée d' une bouteille de coca, dîner ô bien riche en calories mais trop délicieux et trop rare à la maison pour être mis de coté.
Elle regarda le journal de 20 heures, toujours agrémenté de nouvelles réjouissantes, comme des meurtres en tout genre et des affaires de moeurs...
« Je me demande comment ils font, pour parler de ca tous les soirs, les présentateurs télé », pensa Anita.
Cela devait surement les rendre stressés. Elle les imagina préparer leurs notes, passer à la maquilleuse avant de rejoindre le plateau télé, puis en partir et rentrer chez eux, chez une famille bien sage avec une femme les attendant à la maison, et les enfants déjà couchés. Puis ils sauteraient dans les bras de leur femme, leurs feraient l' amour, iraient se coucher et feraient des cauchemards en pensant à leur travail du lendemain et aux plans qu' ils devraient imaginer pour aller rejoindre leur maîtresse, tout droit sortie du feuilleton Mensonge fatal. Non, finalement, il fallait mieux rester devant l' écran de télévision que derrière.

Vers 21 heures, elle vérifia son portable et le rangea aussitôt dans le tiroir. Aucun appel, aucun sms, pas de dérangement, marre des gens! (Surtout si Noël devait appeler) , se répétait-elle sans cesse.
Elle se rappela que cela faisait bien longtemps que celui n' avait pas sonné. La tentation de rouvrir le tiroir la gagna, et la tristesse finit par l' envahir de nouveau. Pourquoi maintenant?, pensa t- elle. Elle faisait pourtant sans cesse des efforts pour s' occuper afin de chasser toutes les pensées parasites qui envahissaient son esprit, et qui l' empêchaient de se soucier uniquement d' elle. Il lui semblait tout à fait possible et normal de passer une soirée agréable dans son petit chez soi à faire les choses que l' on a envie...
Une phrase de Noël lui revint en tête: « Je n' ai pas envie de vivre dans les remords » Pourquoi avait-il dit cela? Avait-elle quelque chose à se reprocher dans l' immédiat? Sa conscience lui répondit instantanément « oui » mais elle se rebella en répliquant que tout le monde avait également quelque chose à se reprocher; qu' est ce que cela avait à voir avec la réaction non réfléchie de Noël?

Mais il était trop tard; Anita se sentait se replier sur elle-même et monter les pensées auto-destructrices. Elle pensa à la dureté avec laquelle elle avait l' habitude d' expédier Noël et son entourage ces derniers temps; elle pensa au départ de ses parents, très formel, il y a une semaine; (mère d' Anita: « il y a de quoi manger dans le frigo,une carte téléphonique, et de l' argent dans le tiroir de la commode au cas où ») ;elle pensa à ses amies, probablement parties vagabonder dans je ne sais quel coin de la ville, avec des garçons; elle pensa à Lulu, cette chose sans conscience qu' était Lulu, dans les bras de Noël.
« Ne te sens-tu pas seule? » fut la question qui vient à son esprit. Elle savait, tout au fond d' elle que oui. Elle repensa au 7 juillet sur le calendrier. C' était à partir de ce jour, que tout avait commençé. Elle regarda sur la commode de sa chambre, non loin du calendrier, un porte-photo légèrement poussiéreux, qu' elle faisait souvent semblant de ne pas voir et que malgré tout ne pouvait se résoudre à ranger; la represéntait une scène de vacances, dans un jardin, avec 4 personnes dessus, et une annotation en bas: Moi, Noël, Sébastien, Lucy, le 5 juillet.

Anita eu soudain peur, en se pensant toute seule dans cette si grande maison; elle se jeta sur le tiroir, prit son portable, et regarda sa liste dans l' annuaire. Elle décida d' appeler Marjorie, en priant pour que celle-ci réponde. Celle-ci le fit.
« Anitaaaaa! Où est-ce que tu es?, répondit Marjorie, manifestement contente de décrocher.
Je suis chez moi, je regarde un film. Tu es dehors? J' entends quelque chose derrière...
Oui, on est avec Rosie et Laure, on est allées manger un morçeau. On voulait t' appeler mais tu devais plus avoir de batterie..
Marjorie..
Oui? Qu' est ce qu' il y a, ca va pas bien ma puce??
C' est bientôt l' anniversaire pour Sebastien... »
Un long silence se fit entendre dans le téléphone. Anita entendit faiblement Marjorie dire aux deux autre jeunes filles présentes de se taire, puis elle reprit le téléphone.
« Ma puce, tu y penses souvent en ce moment?
Tout le temps, je crois bien.
Oh... Et que comptes-tu faire ce jour là? Tu vas aller le « voir »?
Oui. Je voulais que vous et Noël y alliez aussi..mais je crois que Noël n' a pas compris.
Ah bon? Qu' est ce qu' il t' as dit?
Qu' il ne voulait pas vivre dans les remords, ou quelque chose comme ca. Marjorie, tu ne trouves pas qu' il est « égoiste »?
Bah tu sais ma puce...ca veut pas dire qu' il ne ressent rien du tout... Tu sais très bien qu' il déteste voir ce genre de choses. Il veut pas être blessé, c' est tout...
Et tu trouves que c' est une raison pour rester qu' il réagisse comme ca?
Bah chacun voit les choses différement ma puce. Je ne veux pas te blesser, mais chacun à sa façon d' appréhender les choses comme ca. Tu ne peux pas le forcer. »
Anita en avait par dessus la tête du mot « chose ». Pourquoi personne n' osait prononcer le bon mot?
Ca les faisait tellement peur, d' un ami en utilisant le mot...le mot mort?
Elle se sentit bête car la réponse à sa question était évidente, maintenant que les larmes lui montaient à l' oeil.
« Anita? Tu veux qu 'on vienne chez toi?
Non! Surtout pas! J' ai pas besoin que vous veniez, je t' assure.
Ok..Par contre tu m' appelles absolument demain, et aussi de temps en temps. Je veux savoir comment tu vas.OK?
Ok.
Bon, j' y vais ma puce. Si ca va pas tu me rappelles. Je vais surement me coucher tard. Ah, et puis pour Noël , t' inquiètes pas, on va aller le décoincer un peu pour qu' il vienne.
Mais c' est pas à vous de faire ca-
Bye! »

Trop tard, Marjorie avait raccroché. Le fait que Marjo prenne cette affaire en charge ne rassurait pas du tout Anita. En tout cas il y avait un point positif à retirer de cet appel: les larmes étaient enfin sorties, et elle savait que bientôt elle irait surement mieux.
Vers 23 heures, Anita sortit un cahier de cours qu' elle n' avait rempli qu' à la moitié pendant l' année scolaire, prit un stylo à plume et se posa dans le salon. Elle écrivit en titre: Priorités pour cet été.
Voici la liste de ce que Anita écrivit ce soir là:
Ce que je veux faire et ce que je souhaite cet été.
Passer des soirées cool chez moi sans avoir de problème.
Perdre du poids
Me couper les cheveux
Que Lulu déménage au fin fond de la France
Que Noël cesse d' être bête
Qu' il ai enfin des boutons parce que c est trop injuste
Que ma mère et mon beau-père restent coinçés à florence.
Elle n' osa pas écrire le plus important, mais le pensa tout bas: « Que j' arrive à supporter que Sebastien ne soit plus là. »

A venir: Joyeux anniversaire, Anita.

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